Question : Comment sont imposés les revenus d'un chauffeur VTC en 2026 ?
Réponse rapide : L'activité VTC relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), catégorie « autres prestations de services ». En micro-entreprise, le chiffre d'affaires est imposé à l'impôt sur le revenu après un abattement de 50 % (déclaration 2042 C Pro), avec une option possible pour le versement libératoire (1,7 % du CA). En EI au réel et en EURL, l'IR porte sur le bénéfice ; la SASU (et l'EURL sur option) relève de l'impôt sur les sociétés. Source : impots.gouv.fr.
La fiscalité d'un chauffeur VTC ne ressemble à aucune autre, parce qu'elle dépend en réalité de deux choix qui se cumulent : votre statut juridique (micro-entreprise, entreprise individuelle au réel, EURL, SASU) et le régime fiscal associé (impôt sur le revenu via le barème progressif, versement libératoire forfaitaire, ou impôt sur les sociétés). Un même chiffre d'affaires de 60 000 € peut conduire à un impôt final variant du simple au double selon ces choix. Ce guide détaille la déclaration des impôts chauffeur VTC en 2026 : formulaires à remplir, abattements et tranches du barème, conditions du versement libératoire, calendrier 2026, optimisations légales et simulations chiffrées pour trois profils. Règles fiscales vérifiées sur impots.gouv.fr, bofip.impots.gouv.fr et service-public.fr en avril 2026.
Comment vos revenus VTC sont imposés selon votre statut
Premier réflexe : un chauffeur VTC n'est jamais imposé « en tant que chauffeur VTC ». L'administration regarde la structure juridique qui porte l'activité et y applique le régime fiscal correspondant. L'activité VTC relève toujours des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) au titre de la catégorie « autres prestations de services », jamais des BNC réservés aux professions libérales (BOFiP BOI-BIC-CHAMP).
Trois grandes voies coexistent :
- Impôt sur le revenu (IR) au barème progressif : c'est le mode par défaut pour la micro-entreprise sans option, l'entreprise individuelle (EI) au réel et l'EURL dont l'associé unique est une personne physique. Le bénéfice (ou le CA après abattement en micro) s'ajoute aux autres revenus du foyer fiscal et est tranché selon le barème commun.
- Versement libératoire de l'IR : option spécifique à la micro-entreprise sous conditions de revenu fiscal de référence. Le chauffeur paie un pourcentage forfaitaire (1,7 % du CA pour les BIC services) lors de chaque déclaration Urssaf, et n'est plus imposé au barème sur cette activité.
- Impôt sur les sociétés (IS) : applicable aux SASU et aux EURL ayant opté pour l'IS. La société est imposée sur son bénéfice (15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà), puis les dividendes ou la rémunération du dirigeant sont à nouveau imposés à l'IR.
Le tableau ci-dessous résume les règles 2026.
| Statut | Régime fiscal par défaut | Formulaire principal | Option possible |
|---|---|---|---|
| Micro-entreprise (CA jusqu'à 83 600 €) | IR barème après abattement 50 % | 2042 C Pro | Versement libératoire 1,7 % |
| EI au réel | IR barème sur bénéfice réel | 2031-SD + 2042 C Pro | Aucune (pas d'option IS depuis 2022 sauf forme sociétaire) |
| EURL personne physique | IR barème sur bénéfice | 2031-SD | IS irrévocable |
| EURL après option IS | IS (15 % puis 25 %) | 2065-SD | Aucune (irrévocable après 5 ans) |
| SASU | IS (15 % puis 25 %) | 2065-SD | Option IR limitée à 5 exercices |
Le bon choix dépend de votre niveau de CA, de votre taux de charges réelles et de votre situation familiale. Notre guide statut juridique VTC détaille les seuils de bascule entre les options.
Micro-entreprise VTC : déclaration sur 2042 C Pro, abattement 50 % BIC services
La micro-entreprise est le statut majoritaire chez les chauffeurs VTC qui débutent. Sa fiscalité combine trois caractéristiques spécifiques.
Plafond de chiffre d'affaires 2026
Pour 2026, 2027 et 2028, le plafond annuel de CA en micro-entreprise BIC services est fixé à 83 600 € (revalorisation triennale officielle, source impots.gouv.fr). En cas de dépassement sur deux années consécutives (N-1 et N-2), vous basculez au régime réel au 1er janvier de l'année N. Un dépassement ponctuel sur une seule année est sans effet : vous restez en micro. Contrairement à la franchise en base de TVA, le régime micro ne comporte pas de seuil majoré, la règle des deux années consécutives est la seule qui vaille (article 50-0 du CGI).
Abattement forfaitaire 50 %
L'administration applique automatiquement un abattement de 50 % sur le CA déclaré pour déterminer le bénéfice imposable, censé représenter l'ensemble des charges professionnelles (carburant, assurance, téléphone, véhicule, etc.). L'abattement minimum est de 305 €. Vous ne déduisez aucun frais individuel : pas de gazole, pas de leasing, pas de téléphone. C'est le prix de la simplicité.
Exemple : pour un CA de 50 000 € en 2025, le bénéfice imposable retenu est de 50 000 × (1 − 0,50) = 25 000 €, ajouté aux autres revenus du foyer puis imposé au barème progressif.
Déclaration sur le formulaire 2042 C Pro
Vous déclarez votre CA brut (et non le bénéfice après abattement : l'administration calcule l'abattement elle-même) dans le formulaire complémentaire 2042 C Pro, partie « Revenus industriels et commerciaux professionnels », ligne adaptée :
- 5KP / 5LP / 5MP : régime micro BIC services (abattement 50 % automatique) si vous n'avez pas opté pour le versement libératoire.
- 5TA / 5UA / 5VA : ligne « versement libératoire » si vous avez opté.
Les chiffres sont généralement pré-renseignés par l'administration à partir des déclarations Urssaf trimestrielles. Vérifiez-les avant de signer : un CA omis ou mal repris est la première cause de redressement chez les VTC. Tenir son chiffre d'affaires à jour dans un logiciel VTC tout-en-un évite ces écarts au moment de déclarer.
Calcul de l'impôt pour un chauffeur VTC en micro
Le barème IR 2026 (sur les revenus 2025) comporte cinq tranches indexées par la loi de finances 2026 (indexation +0,9 %) :
| Tranche de revenu par part | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu'à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Simulation pour un chauffeur célibataire (1 part), CA 2025 de 50 000 € en micro sans autre revenu :
- Bénéfice imposable après abattement 50 % : 25 000 €
- Tranche 0 % (jusqu'à 11 600 €) : 0 €
- Tranche 11 % (de 11 601 à 25 000 €) : (25 000 − 11 600) × 11 % = 1 474 €
- IR estimé : environ 1 474 €
Soit un taux moyen d'imposition de 2,95 % du CA. À cela s'ajoute la CSG-CRDS prélevée via les cotisations Urssaf (voir guide URSSAF VTC).
Le versement libératoire d'IR (1,7 %) : avantages, conditions, à éviter ?
Le versement forfaitaire libératoire est une option proposée aux micro-entrepreneurs. Au lieu d'intégrer le revenu de l'activité VTC au barème IR du foyer, vous payez chaque mois ou chaque trimestre un pourcentage forfaitaire du CA à l'Urssaf, et l'impôt sur le revenu de cette activité est définitivement soldé.
Taux 2026
Pour un chauffeur VTC en BIC « autres prestations de services », le taux est de 1,7 % du CA hors taxes (BOFiP BOI-BIC-DECLA-10-40). Ce taux est forfaitaire et ne tient pas compte de votre situation familiale ni du quotient familial.
Conditions d'éligibilité
L'option est ouverte uniquement si :
- Vous êtes en micro-entreprise (CA dans les plafonds 83 600 €).
- Votre revenu fiscal de référence (RFR) N-2 ne dépasse pas la limite haute de la deuxième tranche du barème IR par part de quotient familial (soit 29 315 € par part pour le RFR 2024 en option 2026). Pour un célibataire, plafond à une part. Pour un couple, plafond à deux parts (58 630 €). Plus 50 % par demi-part supplémentaire.
- Vous en faites la demande auprès de l'Urssaf au plus tard le 30 septembre pour application l'année suivante (ou dans les 3 mois suivant le début d'activité).
Quand le versement libératoire est-il avantageux ?
Faisons tourner deux scénarios pour un célibataire (1 part) avec un CA VTC de 50 000 € :
| Option | Calcul | Total IR de l'activité |
|---|---|---|
| Barème classique | (25 000 − 11 600) × 11 % | 1 474 € |
| Versement libératoire 1,7 % | 50 000 × 1,7 % | 850 € |
Dans cet exemple, le versement libératoire fait gagner 624 € par rapport au barème. Mais l'analyse change si vous êtes en couple avec un conjoint à haut revenu (qui consomme déjà la tranche 0 % du foyer) ou si vous avez peu de revenus annexes :
- Si votre conjoint gagne 60 000 € et que votre activité VTC porte le revenu du foyer dans la tranche 30 %, le barème imposera vos 25 000 € de bénéfice à 30 % marginal, soit potentiellement plus élevé que les 1,7 % du libératoire.
- À l'inverse, si vous êtes seul avec peu de revenus, le barème peut totalement effacer l'impôt grâce à la décote et à la tranche 0 %, alors que le libératoire reste dû à 1,7 % dès le 1er euro.
Règle pratique : le versement libératoire est intéressant si votre taux marginal d'imposition est >= 11 %. En dessous, le barème classique est préférable car vous bénéficiez de la tranche 0 % et de la décote. Simulez les deux options avec le simulateur officiel sur impots.gouv.fr avant d'opter, car l'option vaut pour toute l'année civile.
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EI au régime réel : déclaration 2031-SD + 2042
Lorsque votre CA dépasse 83 600 € ou que vos charges réelles excèdent 50 % du CA, le régime réel devient le plus rentable. C'est aussi le seul mode permettant de déduire les frais réels (véhicule, carburant, péages, assurance, téléphone ; voir frais déductibles VTC).
Deux variantes du régime réel
- Réel simplifié (par défaut pour un CA de prestations de services jusqu'à 286 000 € en 2026, contre 254 000 € sur la période 2023-2025 ; le seuil de 818 000 € ne vise que la vente de marchandises) : comptabilité simplifiée, déclaration annuelle.
- Réel normal (au-delà ou sur option) : comptabilité complète avec bilan détaillé.
La quasi-totalité des chauffeurs VTC restent au réel simplifié.
Formulaires
L'entreprise individuelle au réel dépose une déclaration de résultats 2031-SD chaque année, accompagnée de ses annexes (2033-A à 2033-G pour le réel simplifié). Cette déclaration détermine le bénéfice net imposable.
Le bénéfice ainsi calculé est ensuite reporté dans la 2042 C Pro du foyer fiscal, dans la rubrique « Revenus industriels et commerciaux professionnels - Régime du bénéfice réel », case 5KC ou 5KI selon que vous êtes adhérent ou non d'un OGA (organisme de gestion agréé). Depuis 2023, les pénalités pour non-adhésion à un OGA ont été supprimées, mais l'adhésion reste recommandée pour bénéficier d'un contrôle préalable.
Calcul de l'impôt
Le bénéfice net (recettes − charges déductibles − amortissements) s'ajoute aux autres revenus du foyer et suit le barème progressif. Exemple pour un chauffeur célibataire (1 part), CA 60 000 € en EI réel, 35 000 € de charges déductibles :
- Bénéfice net imposable : 60 000 − 35 000 = 25 000 €
- IR au barème (idem simulation micro ci-dessus) : (25 000 − 11 600) × 11 % = 1 474 €
L'avantage du réel sur la micro apparaît dès que les charges réelles dépassent 50 % du CA : un chauffeur encaissant 60 000 € de CA mais supportant 35 000 € de charges paierait 1 474 € en réel contre 2 167 € en micro (50 000 × 50 % = 30 000 € imposés, IR = (30 000 − 11 600) × 11 % = 2 024 €). Le réel devient encore plus intéressant quand on combine amortissement véhicule, péages et leasing.
EURL : option IR ou IS, formulaires associés
L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est une SARL à associé unique. Par défaut, l'EURL dont l'associé unique est une personne physique est imposée à l'IR : le bénéfice de la société est attribué directement à l'associé et imposé sur sa déclaration personnelle, comme s'il s'agissait d'une EI au réel.
EURL à l'IR : transparence fiscale
- Déclaration de résultats 2031-SD par la société (avec annexes).
- Le bénéfice est reporté dans la 2042 C Pro de l'associé unique, rubrique BIC professionnel.
- Pas de double imposition : le bénéfice n'est imposé qu'au niveau de l'associé.
- La rémunération éventuelle du gérant (associé unique) n'est pas déductible du résultat (considérée comme une affectation du bénéfice).
EURL après option IS : autonomie fiscale
L'EURL peut opter pour l'IS. Cette option est révocable pendant 5 ans puis devient irrévocable. Une fois à l'IS :
- La société dépose une 2065-SD chaque année et paie elle-même l'IS sur son bénéfice.
- Taux 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions : CA inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques).
- Taux 25 % au-delà de 42 500 €.
- La rémunération du gérant devient déductible du résultat.
- Les dividendes versés à l'associé sont imposés à l'IR (PFU 30 % ou barème sur option).
Quand basculer à l'IS en EURL ?
L'option IS devient intéressante si vous voulez séparer revenu de l'entreprise (laissé dans la société pour investir ou financer un nouveau véhicule) et revenu personnel (rémunération limitée à vos besoins). À l'inverse, si vous consommez la totalité du bénéfice chaque année, l'IR direct évite la double imposition.
SASU : IS obligatoire (sauf option IR 5 ans), formulaires
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est juridiquement plus souple et fiscalement opposée à l'EURL : par défaut à l'IS, avec une option IR temporaire possible.
Régime par défaut : IS
- Dépôt annuel d'une 2065-SD par la société.
- IS au taux réduit 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (mêmes conditions que pour l'EURL).
- IS au taux normal 25 % au-delà.
- Le président associé unique se rémunère via salaire (assimilé salarié, charges sociales lourdes mais protection sociale large) et/ou dividendes (PFU 30 %).
- Le salaire est déductible du résultat de la SASU.
Exemple pour un bénéfice net avant rémunération de 80 000 € en SASU :
- Salaire dirigeant 30 000 € net (≈ 50 000 € charges incluses) → bénéfice imposable à l'IS : 80 000 − 50 000 = 30 000 €.
- IS : 30 000 × 15 % = 4 500 €.
- Bénéfice net après IS : 25 500 €, distribué éventuellement en dividendes (PFU 30 % = 7 650 €).
- IR sur le salaire : à calculer séparément au barème du foyer.
Option IR temporaire
La SASU peut opter pour l'IR pendant 5 exercices maximum. Cette option, rarement utilisée pour le VTC, peut intéresser un chauffeur débutant qui anticipe des déficits les premières années (amortissement véhicule lourd) afin d'imputer ces déficits sur son revenu global.
Calendrier fiscal 2026 : dates limites de déclaration
La campagne de déclaration des revenus 2025 a lieu au printemps 2026. Les dates officielles publiées par impots.gouv.fr sont les suivantes :
| Type de déclaration | Date limite |
|---|---|
| Ouverture du service en ligne | 9 avril 2026 |
| Déclaration papier (toutes zones) | 19 mai 2026 à 23 h 59 |
| Déclaration en ligne zone 1 (départements 01 à 19 et non-résidents) | 21 mai 2026 |
| Déclaration en ligne zone 2 (départements 20 à 54) | 28 mai 2026 |
| Déclaration en ligne zone 3 (départements 55 à 974 et 976) | 4 juin 2026 |
Pour les déclarations professionnelles (2031-SD, 2065-SD), la date limite est généralement fixée au deuxième jour ouvré suivant le 1er mai pour les exercices clôturant au 31 décembre, avec un délai supplémentaire de 15 jours pour les télédéclarations EDI-TDFC, soit autour du 18 mai 2026. Vérifiez la date précise sur le calendrier fiscal officiel.
Le versement libératoire se paie quant à lui en même temps que les cotisations sociales Urssaf, c'est-à-dire mensuellement ou trimestriellement selon l'option choisie à la création de la micro-entreprise.
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Quelques leviers d'optimisation fiscale à votre disposition, par ordre d'impact :
1. Bien choisir le régime fiscal
C'est le levier numéro un. Une micro-entreprise non rentable (charges réelles > 50 % du CA) paie trop d'impôts ; une EI au réel mal documentée paie aussi trop. Recalculez chaque année le scénario optimal à partir de vos chiffres réels. Notre guide du statut juridique VTC détaille les seuils de bascule.
2. Au régime réel : maximiser les frais déductibles
Carburant, péages, assurance, leasing, téléphone, abonnement plateforme, formation, CFE, mais aussi amortissement du véhicule (plafonné selon les émissions CO2 : 30 000 € pour un électrique, 18 300 € entre 50 et 160 g/km, et seulement 9 900 € au-delà de 160 g/km pour un véhicule récent homologué WLTP ; le seuil de 130 g/km ne concerne que les anciennes immatriculations NEDC). Voir notre article dédié aux frais déductibles VTC, et notre guide sur le financement du véhicule en LOA, LLD ou achat.
3. Plan d'épargne retraite (PER)
Les versements sur un PER individuel sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond. Pour un travailleur non salarié (article 154 bis du CGI), ce plafond correspond à 10 % du bénéfice imposable majoré de 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, soit un maximum d'environ 87 135 € en 2025. Pour un chauffeur VTC au réel avec 25 000 € de bénéfice et une tranche marginale 11 %, verser 3 000 € sur un PER réduit l'IR de 330 €. L'effet est supérieur en tranche 30 % (900 €) et 41 % (1 230 €).
4. Versement libératoire si TMI >= 11 %
Pour un micro-entrepreneur célibataire avec revenus modestes hors VTC, le versement libératoire (1,7 %) est souvent moins cher que le barème. Vérifiez chaque année.
5. Choisir un véhicule électrique
Sur l'IS et l'IR au réel, l'électrique cumule trois avantages fiscaux : plafond d'amortissement à 30 000 €, TVA récupérable à 100 % sur l'électricité, exonération de TVS (taxe sur véhicules de société, pour les sociétés).
6. Adhérer à un OGA
Les pénalités pour non-adhésion ont disparu, mais un OGA offre un audit préalable des déclarations et réduit le risque de redressement. Cotisation annuelle 200 à 400 €.
Cas concret : simulation d'imposition pour 3 profils
Voici trois simulations sur l'année 2025 (impôt 2026), pour un chauffeur célibataire sans enfant (1 part), sans autre revenu que l'activité VTC. Barème IR 2026 indexé à +0,9 %.
Profil 1 : Micro-entreprise, CA 40 000 €
- CA HT : 40 000 €
- Abattement 50 % BIC services : −20 000 €
- Bénéfice imposable : 20 000 €
- IR barème : (20 000 − 11 600) × 11 % = 924 €
- IR versement libératoire (1,7 % du CA) : 40 000 × 1,7 % = 680 €
- Choix optimal : versement libératoire (gain 244 €), sous réserve que le RFR N-2 respecte le plafond.
Profil 2 : EI au réel, CA 60 000 €, charges 35 000 €
- CA HT : 60 000 €
- Charges déductibles (carburant, leasing, péages, assurance, téléphone) : −35 000 €
- Bénéfice net imposable : 25 000 €
- IR barème : (25 000 − 11 600) × 11 % = 1 474 €
- IR si même chauffeur était resté en micro : (50 000 × 50 %) − 11 600 = 18 400 × 11 % = 2 024 € (avec un CA en micro plafonné)
- Gain du réel : 550 € + possibilité de déduire la TVA sur carburant et achats.
Profil 3 : SASU, CA 80 000 €, charges 40 000 €
- CA HT : 80 000 €
- Charges hors rémunération dirigeant : −40 000 €
- Bénéfice avant rémunération : 40 000 €
- Rémunération dirigeant brute (assimilé salarié) : 25 000 € (charges sociales SASU ~82 % du net, donc 25 000 € brut produit ~13 700 € net)
- Bénéfice imposable à l'IS : 40 000 − 25 000 = 15 000 €
- IS au taux réduit 15 % : 15 000 × 15 % = 2 250 €
- IR sur le salaire net 13 700 € (après abattement 10 % = 12 330 € imposable, sans autre revenu) : (12 330 − 11 600) × 11 % = 80 €
- Total impôts SASU : 2 330 € (hors PFU sur dividendes éventuels)
Le profil 3 illustre la complexité SASU : l'IS est faible (taux réduit 15 %), mais les charges sociales du salaire assimilé salarié sont lourdes (~50 % du brut chargeable). En pratique, beaucoup de chauffeurs en SASU optent pour une rémunération minimale et des dividendes (PFU 30 %), arbitrage qui dépend du besoin de protection sociale du dirigeant.
Questions fréquentes
Faut-il déclarer son CA VTC même s'il est faible ?
Oui, dès le 1er euro. Toute activité professionnelle déclarée (numéro SIRET actif) implique une déclaration annuelle de CA, même nul. Une non-déclaration entraîne une taxation d'office majorée de 40 à 80 %.
Que se passe-t-il si on dépasse le plafond 83 600 € en micro ?
Le régime micro cesse de s'appliquer si votre chiffre d'affaires dépasse 83 600 € sur deux années consécutives (N-1 et N-2) : vous basculez alors au régime réel au 1er janvier de l'année N. Un dépassement isolé, sur une seule année, n'a aucun effet et vous restez en micro l'année suivante. Contrairement à la franchise en base de TVA, le régime micro ne connaît pas de seuil majoré : il n'y a qu'un seuil et la règle des deux ans (article 50-0 du CGI). Ne confondez pas les deux mécanismes, ils sont indépendants : on peut parfaitement rester en micro tout en devenant redevable de la TVA (voir TVA chauffeur VTC).
Peut-on cumuler salariat et activité VTC ?
Oui, c'est même très courant. Les revenus salariaux sont déclarés dans les cases 1AJ et suivants, et le CA VTC dans la 2042 C Pro (case 5KP pour la micro). Les deux revenus s'ajoutent dans le foyer fiscal et sont imposés globalement au barème.
Doit-on payer la CFE (cotisation foncière des entreprises) ?
Oui, tous les chauffeurs VTC sont redevables de la CFE dès la deuxième année d'activité (exonération la première année). Le montant minimum varie selon la commune (entre 240 € et 750 € par an en général). La CFE est due même en micro-entreprise. Avis reçu en novembre, paiement avant le 15 décembre.
Quelle différence entre RFR et bénéfice imposable ?
Le bénéfice imposable correspond au CA après abattement (micro) ou au résultat net (réel) : c'est la base de calcul de l'IR sur l'activité. Le revenu fiscal de référence (RFR) est un agrégat plus large publié sur l'avis d'imposition, prenant en compte tous les revenus du foyer, plus certaines plus-values et revenus exonérés. C'est le RFR N-2 qui conditionne l'éligibilité au versement libératoire.
Le micro-BIC permet-il de déduire le PER ?
Oui. Les versements PER individuel restent déductibles du revenu global même en micro, dans la limite du plafond (10 % des revenus professionnels nets N-1, soit le CA après abattement 50 %). C'est l'un des rares leviers d'optimisation accessibles aux micro-entrepreneurs.
Conclusion
La fiscalité d'un chauffeur VTC n'est pas une fatalité : entre micro-entreprise et réel, barème et versement libératoire, IR et IS, il existe à chaque niveau de CA un scénario optimal qui peut faire varier l'impôt du simple au double. Trois réflexes à adopter :
- Simulez chaque année avec le simulateur officiel impots.gouv.fr avant de choisir une option fiscale (versement libératoire avant le 30 septembre, option IS pour une EURL avant le 31 mars de l'exercice).
- Tenez une comptabilité propre dès le premier mois : c'est la seule garantie de pouvoir basculer au réel sans douleur le jour où cela devient avantageux. Notre fonctionnalité comptabilité VTC automatise le registre des recettes et le suivi des frais, et notre comparatif VTC Planner et Indy vous aide à choisir votre outil de gestion fiscale.
- Anticipez le calendrier : la déclaration 2031-SD pour les régimes réels tombe en mai, la 2042 C Pro entre le 21 mai et le 4 juin selon votre département, le solde IR est prélevé à partir de septembre.
Pour la tenue quotidienne de vos comptes, consultez notre guide de la comptabilité VTC en auto-entrepreneur.
Règles fiscales vérifiées sur impots.gouv.fr en avril 2026.
Sources
- impots.gouv.fr : Le régime unique des micro-entreprises (TPE)
- impots.gouv.fr : Le versement libératoire
- impots.gouv.fr : Modalités de la déclaration de revenus en 2026
- impots.gouv.fr : Simulateur d'impôt sur le revenu 2026
- impots.gouv.fr : Taux réduit IS et critère du chiffre d'affaires
- bofip.impots.gouv.fr : BOI-BIC-DECLA-20 - Régime des micro-entreprises
- bofip.impots.gouv.fr : BOI-BIC-DECLA-10-40 - Versement forfaitaire libératoire
- bofip.impots.gouv.fr : ACTU-2026-00022 - Indexation du barème IR 2026
- service-public.gouv.fr : Barème de l'impôt sur le revenu
- economie.gouv.fr : Calendrier de la déclaration 2026
- economie.gouv.fr : Versement libératoire micro-entreprise